LA
BOURSE DES VALEURS DE DOUALA
" DOUALA STOCK EXCHANGE "
1-)
Question : Où en est-on avec le recrutement du personnel ?
Réponse : Actuellement, le recrutement
du personnel est terminé. L'effectif est au complet.
2-) Q :La mise en place de l'outil informatique est-elle achevée
?
R
: La Bourse de Paris dénommée Euromext a été approché. Elle regroupe
Paris, Amsterdam et Bruxelles, elle a proposé un logiciel très développé.
L'achat de ce logiciel, sa livraison, son installation et son paramétrage
avoisinaient le milliard de FCFA pour un capital de la bourse qui est
de 1 milliard 200 millions de FCA. Cette offre n'a pas été
retenue compte tenu du coût et du niveau de développement de cet outil
qui correspond beaucoup plus à des besoins des pays industrialisés où
sont côtés des milliards de titres et non une bourse comme Douala Stock
Exchange (DSX) qui n'est qu'à ses débuts.
3-)
Q : Qu'est ce qui a été décidé ?
R
: Un fournisseur a été appelé (B.F.I). Celui-ci a proposé
un logiciel coûtant plus de 500 millions de FCFA. Actuellement, un troisième
fournisseur propose un logiciel pour un coût raisonnable.
4-) Q : Le problème de l'outil informatique est-il résolu ?
R
: Pas du tout. La Caisse Autonome d'Amortissement doit jouer un
rôle de dépositaire central de la bourse c'est-à-dire, le rôle de gestionnaire
et de conservateur des valeurs mobilières. Il lui faut donc aussi un
logiciel de dépositaire central capable de gérer les actions et les
obligations et qui soient compatibles avec celui du site central. La
Caisse Autonome d'Amortissement est donc, de son côté avec l'appui de
DSX, en train de rechercher un fournisseur qui sera vraisemblablement
le même que celui de la bourse. Le plus difficile et le plus long sera
de relier la Caisse Autonome d'Amortissement à la Bourse de Douala par
un outil informatique sécurisé qui fasse échec à toute possibilité de
manipulation.
5-) Q : La banque de règlement serait-elle exclue de la liaison
informatique ?
R
: La banque de règlement n'est pas du tout oubliée. Elle est le
troisième pillier du trio, les deux autres pilliers étant la bourse
et la Caisse Autonome d'Amortissement. Il faut que chacun des pilliers
soit doté d'un logiciel compatible avec celui des autres et relié par
des interfaces électroniques qui fassent échec aux manipulations frauduleuses.
C'est donc cet outil informatique qui constitue le socle de la bourse
et dont la mise au point peut durer des mois pour répondre aux critères
et standards internationaux d'une bourse. En clair, sans outil informatique
sécurisé il n'y a pas de bourse. Aucun investissement sérieux ne viendra.
6-) Q: Maintenant que Douala prend progressivement
corps, est-elle capable de démarrer ses activités sans aide extérieure
?
R : Evidemment non. Il n'y a pas d'expertise boursière au Cameroun.
Ça veut dire que les cadres recrutés ont une base qui leur permet d'appréhender
les méandres de la bourse. Mais aucun d'eux n'a réellement une formation
boursière. Il fallait donc se tourner vers une bourse partenaire qui
aide DSX à former son personnel, à mettre au point les procédures, à
préparer les introductions et les emprunts obligatoires, à sécuriser
l'outil informatique, etc. Après étude, reflexion et consultation, la
Direction Générale s'est tournée vers la Bourse de Tunis.
7-)
Q : Qu'est-ce qui a été entrepris avec la bourse de Tunis ?
R
: Un accord de partenariat a été conclu dans de très bonnes conditions
entre la Bourse de Tunis et la Bourse de Douala. S'agissant de la formation,
les premiers cadres devaient être formés à Tunis dès le mois de mai
2002 pour une formation théorique et pratique dans le domaine de la
bourse. La collaboration avec la Bourse de Tunis permettra également
de rechercher un logiciel de cotation performant. Avec l'appui des fournisseurs,
les Bourses de Douala et de Tunis devraient déboucher sur la mise au
point d'un outil informatique sécurisé pour la Bourse de Douala.
8-)
Q : Les opérations boursières devant démarrer bientôt, les entreprises
se manifestent-elles déjà pour lancer des emprunts par exemple ?
R
: Un grand groupe envisage déjà de lancer un emprunt obligatoire
pour 8 milliards de FCFA et une émission d'actions pour 1 milliard 600
millions de FCFA. Les contacts en cours devraient donner lieu à la multiplication
des opérations de cette nature.
9-)
Q : Quelles perspectives s'offrent aujourd'hui aux épargnants
?
R : Les entreprises qui viendront chercher de l'argent à la bourse
seront sévèrement sélectionnées. Pour sécuriser davantage ces opérations,
DSX a obtenu de la société de Promotion et de Participation pour la
Coopération Economique (PROPARCO), qu'elle puisse garantir après étude
les emprunts obligatoires qui seront lancés à la bourse de Douala. D'autres
garanties sont recherchées pour les épargnants tant au niveau de l'Union
Européenne que de la Banque Mondiale. L'objectif est de drainer vers
la bourse de Douala non seulement l'épargne nationale mais aussi sous-régionale
et internationale.
10-)Q
: Qu'est ce que la bourse de Douala va apporter à l'économie
nationale ?
R
: La bourse de Douala va écrire une nouvelle page de l'économie
nationale. L'économie nationale connaît un taux de croissance continu
et qui est supérieur à 4%. Il en résulte que les concours bancaires
en particulier les crédits à moyen terme qui étaient sollicités auprès
des banques tournaient pour les plus important autour de 4 à 5 milliards
de FCFA. Depuis lors, les données ont changé. L'économie nationale a
atteint une vitesse qui se traduit par des crédits à moyen terme de
10 à 15 milliards de FCFA. Il y a donc moins de liquidités et beaucoup
de demandes de crédits, les banques ne peuvent pas satisfaire la demande
et la croissance risque d'être freinée. La bourse permet de faire face
à ce genre de situation en garantissant aux investisseurs le financement
adéquat de leurs besoins à un taux d'intérêt commun et invariable.
11-)
Q : Quel rôle pourra jouer la banque dans le processus de privatisation
en cours ?
R
: Le vaste programme de privatisation engagé par l'Etat devrait
se traduire par la cession à des nationaux d'une partie des actions
des sociétés publiques. La bourse est la structure qui offre cette possibilité.
A titre d'exemple, la société X est privatisée. L'Etat vend 60 % du
capital social au partenaire technique. Il vend 30 % aux nationaux par
le canal de la bourse et il garde 10 % en tant que tutelle publique.
12-) Q : Qu'en est-il des entreprises déjà privatisées ?
R
: Il n'est pas exclu que dans les protocoles d'accord avec les repreneurs,
l'Etat ait prévu que ces derniers fassent du portage pour le compte
des nationaux. Et que dès la mise en place de la bourse, ces repreneurs
cèdent la quote-part revenant aux nationaux par le canal du marché financier.
Ainsi seront donc atténués partiellement les reproches faits à l'Etat
de brader la patrimoine national.
13-)
Q : Il y a-t-il d'autres conditions à remplir pour attirer les investisseurs
?
R : Effectivement, le lancement réussi d'une bourse implique
la mise en place d'une fiscalité adaptée. Une étude comparative sur
la fiscalité de cinq bourses de pays émergents a été faite (Abidjan,
Tunis, Casablanca, Beyrouth et Aman) et proposé au MINEFI en vue de
l'application d'une fiscalité attractive pour attirer les investisseurs.
C'est un point capital qui demande à être traité en urgence parce qu'il
fait appel à une proposition de loi que le MINEFI devrait soumettre
à l'Assemblée Nationale et la faire adopter.
14-)Q : Qu'en sera t-il du contrôle des changes ?
R : Le contrôle des changes doit être supprimé.
15-) Q : Quel intérêt les épargnants ont-il à garder leur argent
à la bourse plutôt qu'à la banque ?
R : L'épargnant ne recherche que les placements les plus sûrs et
les plus rémunérateurs. La bourse élargit le champ de ces placements
et offre un meilleur choix de décision tout en concourant à la consolidation
de l'économie nationale.
16-)
Q : Peut-on avoir une idée de la date du démarrage effectif
des opérations boursières ?
R
: Les chantiers demeurent complexes et immenses. Il y a encore beaucoup
de préalables. Toutefois, avec l'expertise déjà mise en place, et la
diligence de l'Etat à trouver des solutions aux problèmes qui le concernent,
raisonnablement, on y arrivera sauf impévu d'ici fin 2002.